mardi 3 juillet 2012

La revanche des dividendes


Cet article a été écrit par Jérome, auteur du blog http://www.dividendes.ch/, un de mes blog favori en matière d’investissements boursiers.

Le thème central : comment obtenir un revenu solide en investissant pour du long terme sur des actions offrant des dividendes croissants.

C’est ce que je m’efforce de faire en développant depuis un peu plus d’un an une stratégie de rendement pour mon portefeuille d’actions.

Je suis persuadé du bien fondé de cette approche, les propos de Jérome devraient convaincre les plus sceptiques…



A la fin des années 1990, tout le monde était branché sur les valeurs Internet, moi y compris. Les sociétés ne produisaient aucun bénéfice, mais il n'était pas rare que le cours d'une de ces actions grimpent d'un pourcentage à deux chiffres en une journée. Et ça pouvait continuer le lendemain, comme le surlendemain, sans jamais vouloir s'arrêter... alors pourquoi ne pas en profiter ? Je pense que si vous parliez de dividendes à l'époque, on vous aurait amené directement à l'asile pour les vieux, si ce n'est carrément chez les fous.

A ce moment-là, la contribution des dividendes était tombée à son plus bas depuis la fin du XIXe siècle : à peine 20 % du retour total pour l'actionnaire, contre 80 % pour les plus-values. Pour les valeurs Internet c'était encore plus simple : 0% contre 100%. Les statisticiens estiment pourtant que jusqu'aux années 1950, les dividendes assuraient entre 50 et 100 % de la performance globale.

Grâce à Internet, le trading s'était démocratisé au sein de la population. Les ordres devinrent non seulement faciles à passer, mais aussi moins chers, surtout pour des transactions d'un montant peu important. Pourquoi s'ennuyer dès lors avec un dividende qui de surcroît ne rapportait presque rien tellement les cours étaient élevés ? De plus, toujours grâce à Internet, les graphiques des cours étaient disponibles en un clic de souris, paramétrables à souhait.

Oui mais voilà, ces graphiques cachaient (et cachent toujours) une réalité importante. En moyenne depuis les années 1920, 45% des rendements boursiers sont venus des dividendes. Les graphiques ne vous montrent qu'une partie de la réalité. Et puis surtout, le marché a fini par revenir à la réalité, non sans mal. Avec l'éclatement de la bulle Internet, la crise des subprimes et la crise de la dette, on peut bel et bien parler d'une décennie perdue.

Mais cette correction offre de nouvelles opportunités. Avec des taux d'intérêt à des planchers records, les dividendes sont aujourd'hui l'une des rares sources de revenus intéressante. Alors que les bons du Trésor à 10 ans ont clôturé l'année 2011 à moins de 2%, le taux de rendement moyen des titres du S&P 500 se montait à 2,08%. Tandis que tout le monde est paniqué par le déclin des actions lors d'une récession, les investisseurs en dividendes la voient au contraire comme une opportunité d'achat incroyable.

De plus, les titres qui paient des dividendes résistent particulièrement bien aux marchés baissiers. En 2008, les titres payant des dividendes ont perdu en moyenne 39% (total return), contre 45.4% pour ceux qui n'ont versé aucun dividende. Le contraste est encore plus marqué en 2002, deuxième pire année de la décennie. Les titres ne payant aucun dividende ont plongé de 30,3%, tandis que les titres de dividendes ont baissé de seulement 10,9%.

Par ailleurs, les entreprises qui développent leur dividende sur une base régulière ont tendance à être celles qui possèdent la meilleure situation financière et sont en mesure de soutenir la croissance des bénéfices. Le professeur de finance de l’université de Wharton, Jeremy Siegel, a étudié l’importance des dividendes dans son livre « The Future for Investors ». Il a montré que, de 1957 à 2003, lorsque les dividendes sont réinvestis, les 100 titres offrant le meilleur rendement du S&P ont surperformé le marché par une moyenne de trois points de pourcentage.

Les dividendes offrent donc un ratio rentabilité / risque au-dessus de la moyenne. Le retour programmé de l'inflation ainsi que l'arrivée à la retraite des baby-boomers devraient encore renforcer l'attractivité pour ces placements considérés il n'y a pas si longtemps comme "has been". Comme quoi la roue tourne...



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7 commentaires:

Nouredine a dit…

Très intéressant. Il est vrai que plus les cours sont bas et plus les rendements peuvents être élevés. Attention je parle ici d'entreprise sous valorisée et qui distribue depuis longtemps des dividendes . Ex Total en 2007 avec un cours de 56€ proposait 2,07€ de dividendes soit environ 3% et aujourd'hui avec un cours de 36€, elle offre 2,35€ de dividende soit 6,40% de rendement...

Mathieu Bouville a dit…

1. Le fait que les dividendes représentent en moyenne 45 % du gain total ne signifie pas qu'un plus haut dividende corresponde automatiquement à un plus gros gain total.

2. Ce chiffre de 45 % n'est plus d'actualité : les dividendes ont nettement baissé depuis 20-30 ans.

3. Le krach de 2000-2002 était spécifique à des actions ne payant pas de dividendes. On pourrait tout aussi bien en conclure que les entreprises californiennes chutent beaucoup plus en cas de krach que les autres.

4. Il y avait une mode des start-ups internet il y a 15-20 ans. Aujourd'hui il y a une mode des dividendes.


Mathieu Bouville
Auteur du livre « Votre argent mérite de vous rapporter plus »
http://mathieu.bouville.name/placements/livre/

Jérôme a dit…

@Mathieu
1) tout à fait d'accord et c'est d'ailleurs un piège de se focaliser sur le rendement seul
2)ils ont baissé, mais ils sont remontés au fil du temps avec les trois crises successives que nous avons traversé
4)seuls les hauts dividendes sont à la mode, pas les dividendes croissants de sociétés de qualité... dans tous les cas il s'agit moins d'une mode que d'un retour à la réalité que beaucoup d'investisseurs avaient malheureusement oublié

Arnaud d'Avenir-plus-riche a dit…

Article extrêmement intéressant.
Il me conforte dans ma vision des choses et dans mes choix d'investissements.

Serge a dit…

Il y a des éléments très intéressants dans l'article.

Toutefois, l'étude est (involontairement) un peu biaisée à mon avis : les sociétés à dividendes sont assez souvent des sociétés établies, qui ont "fait leurs preuves" et ont déjà une taille importante, qui leur permet de survivre dans le temps. En revanche, les sociétés qui n'ont paient pas regroupe tout l'univers boursier, de la start up qui n'a jamais gagné un centime à Apple. Je pense que la comparaison n'est pas vraiment pertinente au sens strict, car les sociétés à dividendes sont au moins bénéficiaires dans la plupart des cas.

Ce qui serait intéressant, ce serait de comparer les actions à dividendes contre les actions de sociétés bénéficiaires qui ne paient pas de dividendes, et aux sociétés bénéficiaires à bas PE et ROE élevé sur une longue période de temps (5 ou 10 ans par exemple) et qui ne paient pas de dividendes. Je pense qu'une telle comparaison serait plus équitable, et on trouverait dans le lot des actions comme Apple et Fossil par exemple... Il n'est pas certain que les dividendes gagnent, loin de là.

Je ne souhaite pas critiquer spécifiquement l'article, que je trouve vraiment bien, mais l'avis souvent préconçu qui nous dit qu'avoir un dividende est forcément mieux que de ne pas en avoir. Tout dépend à quoi on compare, voilà précisément mon point.

Jérôme a dit…

@Serge : remarque pertinente !
J'ai d'ailleurs participé à une joute amicale avec mon ami blogueur Thomas Aurlant du site http://www.investisseur-particulier.fr/ qui je pense pourrait t'intéresser par rapport à ta remarque.

Elle commence par cet article :
http://www.dividendes.ch/2012/04/dividendes-to-be-or-not-to-be-episode-1/

puis il faut aller dans les commentaires pour trouver le lien qui amène la réponse de l'autre blogueur sur son site...

couvrirsonbiz a dit…

Les stratégies basées sur les dividendes offrent de la sécurité et une croissance intéressante.

D'autres voies existent comme le CALL PATRIMONIAL qui utilisent un portefeuille d'obligation pour assurer le capital et une petite poche en option pour jouer l'effet de levier et profiter de belle hausse potentielle. Une pincée de money management et vous avez un système robuste pour faire de belles plus values en sécurité.

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